Pourquoi écrit-on?

Publié le par Lill'Raphy

Pour quoi? Pour qui? Pour quelles raisons intrinsèques? A quoi "est-ce dû"? (Pour reprendre une auteure que je dévore en ce moment).

 

Autant de raisons qui nous échappent sans que nous sachions tout à fait pourquoi.

Je me disais il y a peu de temps que si nous écrivons, si nous réalisons cet effort de mettre en mots ce qui n'aurait pu rester que pensées dans les limbes de notre esprit, c'est parce qu'au fond de nous-même nous devons posséder l'intime conviction que nous serons lus.

Nous ne savons pas bien par qui, quand, comment, dans quel contexte, si le lecteur final sera celui que nous nous étions imaginé au départ.

Peu importe, l'essentiel c'est que nous serons lus.

Même si nous ne le savons pas encore.

 

Je pense que tout ce qui est écrit, peu importe le support (fusse-t-il numérique ou papier, sur un coin de feuille de cours ou via une tablette), oui absolument tout ce qui est écrit finira par être lu un jour.

Il me semble que c'est là le propre de l'écriture, être lue.

Pas forcément être comprise, mais être lue, déchiffrée, parcourue du regard.

 

Comme si l'écriture était un code secret, un coffre cadenassé, que seule la lecture pouvait ouvrir, dont seuls les yeux par leur passage sur les cadenas-mots pouvaient faire sauter.

 

L'écriture, se dit-on, c'est d'abord pour soi. On se pense égoiste "ce texte, je ne l'écris que pour me soulager, ca me fairt du bien de laisser partir les mots", sans songer une minute que le désir sous-jacent et inconscient d'une telle démarche réside dans le fait que la créature littéraire (si l'on peu dire) que nous aurons conçue nous a déjà echappée et que nous rêvons secrètement de son émancipation vers d'autres yeux que les nôtres, nous qui la connaissons déjà.

 

Même un journal intime s'adresse à un destinataire, il ne demande qu'à être lu. Ne commence-t-on pas chaque page par "Cher..." ? C'est bien qu'il existe un destinataire, fusse-t-il fantasmé, à ce texte. Qu'on n'écrit jamais vraiment que pour soi et pour son propre plaisir narcissique.

L'apogée de cette démonstration étant pour moi le blog (j'auto-prêche une convertie, cela fait des année que je ne me sers plus que du blog pour coucher mes états d'âmes après avoir noirci plusieurs journaux intimes).

Le blog, où on pense écrire en toute impunité uniquement pour le plaisir de ses propres yeux et de sa propre conscience, en se disant que "ohf, un blog aussi petit et peu fréquenté ne sera jamais lu".

Mensonge que l'on se fait à soi-même.

Je pense qu'en réalité on espère secrètement que quelques personnes égarées tomberont sur notre texte et le lirons.

On espère récolter des réactions faceà nos écrits.

 

La pire des punition pour un texte étant de ne pas être lu, de rester cloîtré entre ses propres mots sans autre forme d'interprétation que celle première que lui a donné son auteur.

Un texte ne peut vivre que par et pour la lecture.

Publié dans Discoveries

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